Concours BIM Polantis : Interview des gagnants de l’édition 2018

Le 26 Avril dernier a eu lieu la Remise des Prix du Concours BIM, concours d’idées organisé par Polantis. Cette année, les participants devaient imaginer un collège pour la ville de Suresnes, ce collège étant situé sur le site de l’École de Plein Air d’Eugène Beaudouin et Marcel Lods. De plus, ils devaient proposer une réaffectation pour l’École de Plein Air.

 

Un air nouveau devrait souffler sur le Mont Valérien !

 

Les gagnants du concours BIM, Marisol DECLERCQ et Emmanuel LARA, ont imaginé un projet ambitieux bousculant le caractère un peu austère du site de l’École de Plein Air. Les temps ont changé et la préoccupation sociale des fondateurs de l’EPA, sans pour autant disparaitre, s’accompagne désormais de questionnements environnementaux. Une vision architecturale centrée sur la nature peut-elle créer du lien social au travers de pratiques d’agriculture urbaine et d’économie circulaire ? c’est le pari du projet Nouvel Air produit par deux architectes au talent prometteur.

 

Marisol, Emmanuel, parlez-nous de votre vision pour ce projet de réaffectation…

 

La réaffectation programmatique de l’École de Plein Air vise à ouvrir une perspective sociale très riche. L’ambition de ce projet est de créer du lien entre nature et architecture. Du lien social avec les générations actuelles et futures, mais aussi avec les habitants de Suresnes et alentour par le biais d’un projet architectural, écologique et durable. Ce projet adhère à une nouvelle façon de vivre, d’apprendre et de manger dans un environnement urbain riche.

 

Nous proposons la création d’un pôle d’agro-écologie urbaine: Agr’ecol. Un lieu permettant de découvrir le monde des plantes, de la biodiversité et de la gestion durable des ressources naturelles afin de s’interroger sur des problématiques environnementales. Ce nouveau pôle s’installe dans un contexte naturel, riche et idéal pour faire découvrir ou redécouvrir le monument historique suresnois tout en s’inscrivant dans le parcours patrimoine du XXe siècle. L’œuvre architecturale reste dans le respect des thèmes d’origine: le développement du bien-être et de la santé.

 

La forme et la disposition de l’École de Plein Air ont orienté notre réflexion afin de développer un cycle avec différentes étapes.

 

Les classes deviennent des serres qui accueilleront les différentes cultures. Le parcours muséal de l’École de Plein Air sera mis à profit pour créer des expositions temporaires, découvrir la nature, les essences d’arbres et de fleurs, comprendre le fonctionnement des serres où sont cultivés des plantes aromatiques, des légumes de saison et des cultures de légumes anciens.

 

Des ateliers sur le thème de la biodiversité, mais aussi des ateliers d’initiation, à l’apiculture, aux vignes, au jardinage et à la botanique seront mis en place. Ils permettront de créer une complémentarité pédagogique des espaces que propose la ville. Ainsi, les produits récoltés sont triés, lavés, puis emballés et enfin stockés pour la vente ou la consommation. On y trouve une halle de marché et une cantine solidaire. L’idée est de mettre en place un mode de production local de circuit court.

 

Quelle a été la plus grande difficulté de ce projet ?

 

Le site se développe dans un contexte très naturel. On a souhaité que Nouvel Air prenne en compte cette thématique afin de développer le projet.

 

La plus grande difficulté a été la création du collège de 500 élèves. On a tout de suite cherché à offrir un dialogue avec le contexte naturel et architectural. Nous avons opté pour une architecture peu extravagante pour développer un lien intime avec le site et l’École de Plein Air. Le paysage s’intègre et se prolonge au centre du collège pour créer une relation forte entre nature et architecture tout en et proposant un véritable lieu de rassemblement, de partage et d’apprentissage.

 

L’autre difficulté du projet était de permettre à ce nouveau bâtiment de s’ouvrir sur un nouveau rythme de vie. Notre ambition était de créer un lieu actif tous les jours de l’année utilisé par les collégiens pendant les heures de cours. Et aussi par les habitants et associations les fins de semaines, jours fériés ou encore vacances scolaires.

 

La disposition des éléments programmatiques du collège permet de proposer la cour comme un nouvel espace urbain de quartier en lien avec la salle de réception, le théâtre ainsi que le restaurant. Le centre de documentation vient s’attacher au nouveau programme de réaffectation de l’École de Plein Air par la mise en place d’une passerelle. Nouvel Air prend en compte l’établissement dans sa démarche. L’action engagée a pour ambition de développer l’éco-citoyenneté au sein du collège afin de rendre les générations actuelles et futures toujours plus solidaires, attentives et respectueuses de leur environnement.
 

Quelle place occupe la technologie du BIM dans ce projet, et plus généralement dans la pratique de votre métier d’architecte ?

 

Le but du concours était de fournir une maquette numérique du projet tout en intégrant les produits des sponsors. La conception de la maquette numérique nous donne l’opportunité de mieux concevoir le projet, de mieux le maîtriser et de le faire évoluer afin de nous aider dans les prises de décisions. On construit virtuellement le projet et on produit des plans dans une plus grande cohérence. Il faut adapter une méthodologie souple afin de ne pas figer trop rapidement le projet étant donné qu’il s’agit d’une esquisse. La maquette devient un outil de service qui va permettre d’améliorer sans cesse le projet, les performances du bâtiment et collaborez pendant et après la construction. Les bases de données s’actualisent en temps réel et nous permettent d’établir les quantitatifs tels que les nomenclatures avec précision: calculs des surfaces, métrés, informations en fonction des lots entre autres.

 

Comment avez-vous abordez les problématiques énergétiques et plus particulièrement celles liées à l’isolation des bâtiments ?

 

Nouvel Air est un projet qui se veut respectueux de son environnement. Le collège dispose de différents dispositifs comme la mise en place de panneaux solaires photovoltaïques ou un système de récupération d’eau de pluie afin de la réinjecter dans le bâtiment. Pour l’isolation nous avons notamment utilisé les panneaux ISOBOX Etixx 31 dans le but de limiter les consommations du collège. Nous les avons appliqués sur nos façades en ossature bois avec une finition en bardage bois. Ce produit est notamment respectueux de son environnement, 100% recyclable compatible avec des stratégies d’économie circulaire. Un produit qui s’intègre totalement dans notre démarche. De plus, le fait d’intégrer des objets comme ceux d’ISOBOX nous permet également de comprendre et d’enrichir nos connaissances techniques, car très souvent les produits sont détaillés ce qui nous permet de comprendre leur fonctionnement et leur mise en place.

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